Entre Texas et Mexique

18:56 mercredi 31 mars 2010

Sitôt descendus de l'avion à El Paso pour notre week end de quatre jours au Texas, nous avons mis le cap sur la frontière Mexicaine que nous avons traversée à pied. El Paso est en effet située à l'extrême ouest du Texas, le long du fleuve Rio Grande qui matérialise la frontière entre les deux pays.



Sur le pont qui enjambe le Rio Grande on comprend rapidement que l'immigration illégale est un problème qui n'est pas pris à la légère par les US. Cinq lignes de grillages et fils de fer barbelés consécutives dont la dernière électrifiée, un fleuve, un canal, des voitures qui patrouillent en permanence, des hélicoptères qui survolent la frontière à basse altitude et des spots permettant d'éclairer le tout la nuit : Tel est le dispositif de protection du côté d'El Paso.

Côté Mexicain, inscriptions amicales : Patrouilleurs frontaliers = assassins, drapeaux Cubains, portraits de Che Guevara... Bonne ambiance !

Sur le pont, le trottoir est couvert et grillagé sur les côtés pour empêcher les passants de sauter dans une tentative désespérée d'immigration illégale... Dans le sens US vers Mexique, le trottoir est complètement désertique alors que du côté opposé, la file d'attente s'étend sur l'intégralité du pont jusqu'au Mexique ! Il en est de même pour les voitures, le pont étant carrément à sens unique vers les USA.

En entrant au Mexique, dans la ville de Ciudad Juárez, on passe entre des soldats armés de fusils d'assaut sans que l'on ne nous demande nos passeports. Des gens font la manche, les chauffeurs de taxis nous accostent tous les 20 mètres pour notre proposer leurs services et une grande majorité de la population semble passer sa journée dans la rue, à discuter ou à attendre que le temps passe, appuyés contre un mur ou assis sur des marches d'escalier. Ça ne sent pas vraiment le stress ni la sueur !

Dans les rues de Juárez

Dans l'ensemble, on reste sur nos gardes car les touristes sont une proie facile et Juarez est réputée comme étant une ville pauvre où la guerre des cartels de la drogue fait rage sous les yeux de policiers et de politiciens corrompus. Le taux de criminalité est donc assez élevé. Oui, on aime l'aventure, nous !

Durant la petite heure passée à Juarez, on est surpris par la poussière et la pauvreté ambiante mais pour le reste cela ressemble bien à l'idée que l'on peut se faire du Mexique, avec la musique dans la rue, l'architecture typique et tous ces gens immobiles qui semblent attendre quelque chose qui visiblement n'arrivera jamais.

Vitres cassées, vieilles voitures, gens qui trainent sur les trottoirs...

La police municipale escorte un convoi funéraire en pick up, avec fusils d'assaut, tenues de camouflage et gilets pare balle !


A l'approche du centre ville, on trouve la jolie cathédrale de Nuestra Señora de Guadalupe et de nombreuses boutiques à touristes. Nous sommes également étonnés par le nombre d'opticiens présents dans le secteur mais lorsque le vent s'est levé et que la poussière a commencé à nous piquer les yeux, nous avons vite compris pourquoi !

La cathédrale

L'arène municipale

Après ces quelques aventures Mexicaines, nous avons de nouveau traversé le pont pour revenir aux USA et donc à El Paso. La traversée prendra un peu plus d'une heure, l'immigration US examinant scrupuleusement les papiers de tout le monde. Nous voyons une dizaine de personnes se faire refouler au Mexique.

Sur le pont, de nombreuses personnes font la manche, jouent de la musique et essaient de nous forcer la main pour qu'on leur donne de l'argent. Il y a même un Mexicain qui m'a demandé de l'aider à le faire entrer aux US, rien que ça !

Conclusion : Juarez, c'est original si on n'a pas peur de sortir un peu de sa zone de confort.

De retour au Texas !

A El Paso, même si le style architectural reste très Mexicain, on mesure vraiment la différence entre les deux pays. Depuis les hauteurs de la ville, la démarcation entre USA, où tout est étendu et aéré, et Juarez, compressée et toute plate, est frappante :

El Paso au premier plan et Juarez au second, derrière les tours.

Végétation Texane

Pour finir sur une note humoristique, après plus de deux ans aux US, plus d'une vingtaine d'états visités et je ne sais pas combien de nuits passées dans des hôtels différents, nous avons découvert que la fierté Texane allait au delà de tout ce que nous avions vu jusqu'alors.

En effet, c'est la première fois que les gaufres d'un hôtel n'avaient pas leur forme rectangulaire classique mais celle de l'état du Texas, et ce dans les trois hôtels où nous avons passé une nuit lors de ce grand week end :

La gaufre 100% Texane !

Comme d'habitude, voici les 32 photos prises au Mexique et à El Paso en diaporama. La suite de notre voyage au Texas la semaine prochaine !

Réactions : 

4 commentaires:

  1. Génial le coup de la gauffre ! Quand j'y étais, la famille m'avait offert une planche à découper en forme de Texas... ils sont dingues ces Texans lol
    delf68

    Anonyme

  2. Très instructif, je n'imaginais pas çà et ton fameux humour, oui je sais je radote, permet de digérer des infos assez dures.
    Quant à la gaufre heureusement que tu précises que c'est la forme du Texas......parce que là j'imaginais...une arme!:+(

    Chantalyon

  3. Je n'ai passe que quelques jours pour le boulot pas tres loin de Houston, suffisement pour me rendre compte que le Texas est un etat vraiment particulier.

    Humorum

  4. Je ne veux pas vous en dire trop sur le Texas pour le moment car les articles à venir s'étendront davantage sur cet état si particulier.

    En revanche, pour le Mexique, je lis ce soir sur Fox News l'article suivant (http://www.foxnews.com/us/2010/04/02/texas-town-lives-fear-mexican-drug-violence/) qui explique qu'en 2009 plus de 2300 personnes ont été tuées par balle à Juarez !

    Pour le reste, l'article est assez creux : Les gens ont peur parce qu'ils voient des Mexicains traverser la frontière à pied, donc il y a forcément des méchants parmi eux, qui un soir peut être décideront de venir les tuer... Logique, non ? Si j'étais immigrant en illégalité c'est exactement ce que je ferais pour être sur de passer inaperçu.

    Alain

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